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Auteur : Philippe Grandin

Le réseau Tissons la solidarité (association loi 1901), qui fédère 70 structures de l’insertion par l’activité économique (SIAE) spécialisées dans le recyclage de vêtements de seconde main (collecte, tri, revente et couture), a présenté le 6 décembre ses solutions pour favoriser le retour à l’emploi des 1 900 salariés en insertion par an (83 % de femmes). Le réseau lutte depuis 2004 contre l’exclusion des femmes qui représentent 53 % de la population pauvre et 71,7 % des actifs en sous-emploi. L’association a ainsi apporté une réponse aux femmes en situation de précarité en leur permettant d’accéder à l’emploi. Elle a pour cela rassemblé les acteurs des mondes de l’économie sociale et solidaire, du luxe et de l’économie classique autour d’un projet fédérateur élaboré en 2008.

« Il nous a fallu deux ans pour convaincre le secteur du luxe de participer à la formation des salariées en insertion. Une fois d’accord, nous avons élaboré ensemble, de 2010 à 2013, deux formations professionnelles intitulées “vendeuse conseil en textile et retoucheuse” », a expliqué Caroline Portes, directrice générale du réseau Tissons la solidarité. Ces deux formations, qui ont pour finalité l’emploi pérenne dans les entreprises du prêt à porter de l’économie classique, ont été élaborées à partir de programmes conçus par des entreprises du luxe et délivrées par des professionnels du luxe. Elles ont fait l’objet d’une expérimentation en 2014. « La majorité des salariées avaient trouvé du travail à l’issue des formations. En 2016, nous avons décidé d’aller plus loin dans notre rencontre avec le monde de l’entreprise. Nous sommes passés du monde des formations professionnelles de l’IAE à la mise en place d’une formation au sein du monde des entreprises de l’habillement », a poursuivi Caroline Portes. Cela s’est traduit par la mise en œuvre, à l’initiative des branches professionnelles de l’habillement, d’une préparation opérationnelle à l’emploi collective (POEC) financée par Opcalia et le FPSPP [3]. Dans ce cadre, la formation a permis, « pour la première fois en France », aux salariées en parcours d’insertion d’obtenir un CQPI [4] vendeur conseil. « A la fin de la formation de 300 heures, le taux de retour à l’emploi était de 50 %  », a fait valoir Caroline Portes.

Marraine de l’association, l’actrice française Mathilda May a considéré : « Soit nous décidons de cautionner une société qui fabrique des laissés-pour-compte, soit nous décidons d’être solidaires. A ce titre, le projet de Tissons la solidarité restaure la confiance en soi-même si sa démarche se concentre sur l’économie. » Elle participe d’ailleurs à sa manière, via une lettre, à la campagne de communication qui commence par la mise en place d’une signature publicitaire. Cette signature sera visible, dès le 6 décembre, sur plus de 10 000 sacs publicitaires distribués dans toutes les associations du réseau et chez toutes les marques partenaires, dont le Comptoir des Cotonniers qui a fourni le tissu nécessaire à la confection des sacs. Ce dernier contient un manifeste qui explique les missions de Tissons la solidarité et met en avant le talent des salariées en insertion. Il reprend également la lettre de Mathilde May.

Notes

[1] Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels.

[2] Certificat de qualification professionnelle interbranches.

[3] Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels.

 

[4] Certificat de qualification professionnelle interbranches.