Lancement officiel de la campagne « Parce que retrouver un travail n'est jamais cousu de fil blanc » du réseau « Tissons la Solidarité ». Ce 6 Décembre 2016 que les partenaires et acteurs du réseau se sont retrouvés pour détailler à la presse et au grand public le lancement officiel de la communication autour de ce projet sociétal.

CQP, CQPI, certification, reconversion... au programme, un échange particulièrement riche sur de nombreux sujets d'actualité qui entourent la formation professionnelle aujourd'hui. 

Retour sur cette matinée :

Delphine LALU, Secrétaire générale de la Fondation "AG2R la mondiale" introduit le lancement officiel : "Nous voici réunis pour le lancement de la campagne autour du projet de Tissons la solidarité, un projet fédérateur et concret des univers aussi différents que les mondes de l’économie sociale et solidaire, du luxe ainsi que celui de l’économie classique. Saluons l’implication du réseau "Tissons la solidarité", d’Opcalia, du FPSPP, des fondations, des associations, de la Direction aux droits des femmes, des grands noms du textile, des annonceurs. Sans cette mobilisation, ce projet à dimension humaine aurait été difficile à mettre en place"  

Matthieu GIOVANNONE, Président du réseau "Tissons la Solidarité" : "Nous apportons une réponse aux femmes en situation de précarité en leur permettant d’accéder à l’emploi. Le réseau Tissons la solidarité représente 70 chantiers ou entreprises tous spécialisés dans le recyclage de vêtements de seconde main, employant aujourd'hui 1900 salariées. Depuis sa création, ce sont 13 000 salariées en insertion qui sont passées par les chantiers et les entreprises du réseau. Nous souhaitons redonner de la confiance en soi aux femmes à travers des contrats de travail certes mais surtout via l'acquisition de compétences et la professionnalisation que nous espérons transférables dans d'autres métiers." 

Caroline PORTES, Directrice du réseau détaille : "Nous avons réalisé une étude de marché sur les attentes des entreprises au niveau des métiers de "Vendeur conseil" et de "retoucheuses", sur les bassins d'emploi - les métiers en tension notamment - et une étude sur les typologies des salariés en insertion. Nous avons constaté que les entreprises du secteur classique avaient une mauvaise image des chantiers et des salariées en insertion ce qui nuisait à l’embauche de ces personnes. De plus, les entreprises n’embauchent pas sans formation. 

Il fallait donc que la formation soit adaptée à nos salariées (groupe très hétérogène) mais qu’elle ne soit pas critiquable. Co-construire un programme avec les entreprises du luxe étaient de ce point de vue une évidence car nous visions avant tout l’emploi dans le secteur classique des marques de Prêt-à-porter. 

Il nous a fallu deux ans pour convaincre les entreprises du luxe. Au final, ce sont 68 salariés du luxe qui ont accepté de se mobiliser pour créer à nos côtés notre programme de couture et de vente. La difficulté de ce programme relevait d’une exigence : la nécessité de couvrir le côté hétérogène de nos groupes de salariées. 

2014 a été pour nous une année test et nous avons relevé le challenge. Le retour en emploi a augmenté de plus de 50% depuis la mise en place de notre programme. 

Mais il manquait une certification à la fin de notre parcours. Or cette dernière était fondamentale pour favoriser le retour en emploi de nos salariées. Dans un premier temps, le ministère nous a demandé de travailler avec des ingénieurs pédagogiques. Nous avons alors constaté un décalage entre la réalité terrain et les attentes dites « conventionnelles ».

Nous avons donc lancé une contre-proposition: nous nous engagions à ce que nos salariées suivent une formation créée par "Tissons la Solidarité" et parallèlement, une formation Titre métier. L'intérêt de cette démarche : l’obtention d’une double certification attestant de l’acquisition par nos salariées des attendus classiques et terrain. 

En 2015, la majorité des salariées avaient trouvé du travail grâce à  la Formation "Tissons" très proche du CQPI de la branche de l’habillement. Du coup nous avons choisi de basculer parmi les professionnels de la branche car nous souhaitions que nos salariées puissent suivre une formation reconnue par nos pairs. 

Le Ministère a cautionné ce choix à partir du moment où ces derniers acceptaient de nous accueillir parmi eux. Nous avons donc mis en place pour la première fois une "POEC chantiers d'insertion". Une bataille, avec notre partenaire Opcalia, de plus de 3 mois car cela ne s’était jamais fait en France. C’était donc très compliqué d’un point de vue administratif.

Ce projet aurait pu être mis en place plus rapidement s'il n'y avait pas eu autant de préjugés sur les salariés en insertion, sur les chantiers d'insertion. Or le temps parait long lorsqu’on est dans la précarité… Il faut privilégierl'intérêt de la personne et faciliter la réalisation de projets même s’ils sont novateurs et que toutes les « cases administratives » n’existent pas."

 

Xavier ROYER, Directeur de la Branche TMC chez Opcalia, souligne : "Lorsque nous avons accueilli Le réseau "Tissons la Solidarité" au sein du département Textiles-Mode-Cuirs d’OPCALIA, nous l’avons orienté vers les dispositifs adéquats pour aider les personnes en formation, nous avons mobilisé les financements appropriés et les avons conseillé pour orienter leurs salariés vers les certifications adaptées à leur besoin. 

Il est d’autant plus utile d’emmener les salariés de cette structure vers une certification professionnelle que le propre de celle-ci est d’être un repère d'employabilité, de compétences, de qualification. En cela le Certificat de Qualification Professionnelle Interbranches (CQPI), en raison non seulement de son opérationnalité professionnelle mais aussi de sa reconnaissance par de nombreuses branches, semblait être la réponse appropriée.

Nous sommes ainsi très heureux d’avoir accompagné "Tissons la Solidarité" dans les différents domaines d’intervention qui sont les nôtres et d'avoir contribué à faciliter une démarche humaine qui a du sens et qui débouche sur une certification permettant à des personnes de se réinsérer."


Helene MARECHAL, Directrice de l’association Vestali à Wingles : "3 points: 

1.    en tant que directrice,  j'ai intégré ce programme avec grand plaisir car il était sans test préalable. Il se base sur la détermination et à la motivation des salariées.

2.    la formation créée par Tissons n'est pas une formation au rabais : les modules sont très pointus et ont poussé les salariées à donner le meilleur d'elles-mêmes.

3.    et pour revenir sur ce que disait Caroline Portes : une association est professionnalisante, et on ne le dit pas assez."

Mélissa, salariée ayant suivi la formation de "vente-conseil en magasin" : "le contenu est très complet, il m’a permis de rebondir. Je rêvais d'intégrer une enseigne spécifique. Grâce à la formation proposée par le réseau "Tissons la Solidarité", lourde mais enrichissante, j’ai réussi à y entrer." Delphine, salariée ayant effectué également un parcours de formation explique quant à elle, que la "formation nous a poussé à nous surpasser, nous a montré qu'on était capables. Sans la confiance de ces personnes, cela n'aurait sans doute pas été possible."


Dominique GILLIER, CESE, rapporteur du CQP : 

"Lors de la mise en place du Dispositif zéro chômeur, nous nous sommes très vite aperçus de la complexité administrative évoquée par Caroline. Mais nous avons pu constater, comme en témoigne l’exemple ci-dessous, que lorsque les acteurs se mobilisent, on peut impulser une dynamique et bousculer ces lourdeurs. 

Le CQP est un des volets du système de certifications national, complexe.

Les CQP ont des qualités qui leur sont propres :

  1. il s’agit d’un type de certification très bien adapté à la formation tout au long de la vie, et qui s'adapte aux personnes (contrairement aux autres certifications). Notons que les branches écrivent le métier du point de vue de l’activité et pas d’un parcours de formation.
  2. il s’agit d’une certification impliquant une proximité avec le spot d'un secteur mais également avec les entreprises qui se sont engagées comme des maillons du processus.
  3. c’est une qualification à part entière. Une fois en emploi, le CQP est encore un instrument qui peut être mobilisé car il n'impose pas de parcours de formation, et est moins mobilisateur en heures de formation.

La qualité de l'accompagnement garantit en grande partie la réussite d’une formation, et on le voit ici grâce à "Tissons la Solidarité"."

Mathilda MAY, actrice, marraine de l’opération : "J’ai été informée du projet par la marque « Comptoir des cotonniers » puis j’ai rencontré Caroline PORTES. Soit nous décidons de cautionner une société qui fonctionne avec des laissés pour compte, soit nous essayons de les prendre en compte. Nous sommes tous vulnérables à un moment ou un autre. Il faut être créatif. Dans notre système actuel qui est incomplet, on se doit d'inventer quelque chose, et je trouve que ce réseau crée quelque chose d'innovant en mettant en contact des personnes qui ne sont pas censés se côtoyer. Il ne faut pas se reposer sur des politiques, c'est à nous de nous responsabiliser, de chercher à trouver des solutions.

Afin de sensibiliser le grand public au projet, nous avons décidé de tourner un film. Nous avons fait appel à Publicis qui nous a aidé à trouver la signature et le concept du projet : « Parce que retrouver un travail n'est jamais cousu de fil blanc ». Ensuite j’ai aidé à la mise en contact avec un réalisateur, Alexandre MIEL (réalisateur du documentaire "Pourquoi nous détestent-ils?"), et j’ai proposé de jouer bénévolement dans le film."

Olivier DESMETTRE, Directeur de la Création, PUBLICIS Conseil, commente : "Nous sommes un petit maillon au centre d'une très belle chaîne. Nous avons travaillé sur une signature: "parce que retrouver un travail n'est jamais cousu de fil blanc". Le scénario du film digital réalisé par Jérôme BONNEL est basé sur la psychologie des personnages. Il est complexe de se réinsérer en emploi lorsqu’on n'a pas travaillé depuis quelques temps. Le tout sur une mise en scène d'entretien d'embauche."

Caroline PORTES ajoute à ce propos : "10 000 sacs confectionnés dans nos ateliers et porteurs de la signature vont être distribués dès aujourd’hui dans les boutiques et sur le site internet du Comptoir des Cotonniers."

Carole PAITIER, Comptoir des cotonniers, poursuit : "Les sacs sont réalisés avec des tissus donnés par les Comptoirs de Cotonniers. Ils vont être offerts à tous nos clients des boutiques mais aussi d'Internet. Nous aussi nous sommes un tout petit maillon dans cette très belle chaîne."

Christelle RENAUD,  Directrice de l’association Verdun chantiers : "Nous avons dû faire entendre aux salariées que des grandes boutiques croyaient en elles. Cela a été difficile à leur faire entendre." 

Katia CHAIX,  formatrice de la formation vendeur Conseil poursuit : « La formation est lourde, elle s’élève à 300 heures et ces femmes doivent prendre à bras le corps cette formation, y croire. Elles doivent reprendre leurs études, réapprendre à apprendre. C'est un chemin très long qui s’effectue avec du suivi. Il y a des encadrants qui travaillent pour que ce suivi soit en place. C'est un travail de groupe pour l'employabilité, le retour à l'emploi."

Emmanuel AUBRY, formateur designer, continue : "Nombre d'intervenants différents viennent appuyer le même objectif sur la même personne. Il y a du coaching et quelque part, un tas de compétences mobilisées sur des domaines tellement différents qu'on arrive la plupart du temps à trouver une solution. "Tissons la Solidarité" est un réseau d'excellence dans la bienveillance, l'écoute et l'accompagnement actif."

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